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Dans le cadre du projet intitulé «Protection intégrée et valorisation durable des écosystèmes dans les communes de Grand-Gosier, Thiotte et Anse-à- Pitre» , financé par l’Union européenne à travers le (BON) Bureau de l’ordonnateur national, moyennant la supervision du ministère de l’Environnement ( MDE) , la Welthungerhilfe(Agro Action Allemande ) a célébré, de concert avec  le projet CAReBios’ et la coopération technique allemande, GIZ, la Journée mondiale de l’environnement, le dimanche 5 juin, à Thiotte. À côté du thème choisi par les Nations unies, la Direction départementale du ministère de l’Environnement dans le Sud-Est avait recommandé d’ajouter « Chak espès konte, pwoteje yo, se pwoteje tèt nou ».

Entre des constats alarmants et des lueurs d’espoir avec des initiatives de reboisement en amont des sources et dans les parcelles des producteurs de lots boisés, des tentatives d’amélioration de l’apiculture, la célébration de la Journée mondiale de l’environnement était surtout une activité de sensibilisation afin d’éveiller les consciences sur les urgences environnementales. Les écoliers étaient la cible privilégiée de l’organisation non gouvernementale Action Agro Allemande, et la coopération technique allemande GIZ. Ces derniers avaient répondu en nombre à l’invitation des ONG pour célébrer la Journée mondiale de l’environnement.       

Sous des kiosques aménagés en la circonstance dans les locaux des ONG, l'Agro Action Allemande et la GIZ ont présenté au public, le lombricompost, les arbres surgreffés, la ruche, sirop, la cire gaufrée, les matériels et produits utilisés dans l’apiculture, le recyclage des matières plastiques et la présentation de  produits fabriqués à partir de matière plastique recyclée. 18 tableaux grand format sur la biodiversité haïtienne ont été accrochés au mur, en plus des produits exposés pour chaque thème. Sous les kiosques se trouvaient des personnes  qui expliquaient aux gens qui viennent d’horizons différents : Savane Zombi, Anse-à-Pitre, Grand-Gosier, Thiotte,  les produits exposés.

 

Le responsable des activités techniques pour la Welthungerhilfe, l’agronome Laurent Saint-Victor, a fait une brève historique de la Journée mondiale de l’environnement pour les participants. « La Journée mondiale de l’environnement a été initiée en 1972 par l’Organisation des Nations unies dans le cadre d’une conférence sur l’environnement à Stockholm », a-t-il souligné. Ensuite, l’agronome a mis l’accent sur les problèmes environnementaux constatés localement.  Il a souligné, entre autres, la disparition progressive des   iguanes aux yeux rouges de la zone d’Anse-à-Pitre, du flamboyant et de l’orange sûre, des pélicans du village de Grand-Gosier (oiseau qui a donné son nom au village), tant ils étaient nombreux dans le temps, à offrir un spectacle de plongée tout en se nourrissant de petits poissons.   

Pour sa part, l’agronome Dieudonné Jean Véa a passé en revue les résultats obtenus dans le cadre du projet et leur impact bénéfique sur l’environnement.  « Dans le cadre des activités de sensibilisation environnementale,  environ 300 personnes et près d’une soixantaine écoles ont été touchées. Un jardin  a été aménagé dans certaines écoles. Environ 54 apiculteurs ont été encadrés. Ces derniers ont bénéficié de formation et 40 d’entre eux de ruches modernes avec hausse et grille à reine. Le projet a appuyé la formation de six lombriculteurs et la mise en place de 4 centres de production de lombricompost. 85 planteurs de café ont été formés sur la manière de réaliser les tailles de régénération  dans les parcelles  de café, sur l’utilisation du lombricompost et sur les effets néfastes des herbicides pour l’environnement. Environ 60 personnes ont mis en place  un lot boisé. Le projet a aussi procédé au surgreffage de 3 000 arbres », a résumé l’agronome Dieudonné Jean Véa.  

Dans ses propos, l’agronome Jean Véa a aussi mis en exergue la portée économique de ce projet. Selon l’agronome, le projet présente une alternative économique à certains producteurs de la  zone d’intervention. « Quand nous aidons un  agriculteur à mettre en place un lot boisé, ce que nous appelons « jardin bois », c’est une sorte d’épargne sur pied que nous voulons constituer, la personne reçoit entre 100 à 300 arbres, et un technicien lui accompagne pendant la plantation. Les arbres donnés sont pour la plupart du cèdre, du chêne, de l’acajou, du Grevillea robusta  et des fruitiers », a-t-il expliqué, ajoutant qu’un cèdre planté aujourd’hui, dans 20 ans, sa valeur vénale tournera autour de 10 000 gourdes. En ce sens, une personne qui en possède 50, aura une source de revenus sûr.

 « Quant aux lombriculteurs, ils peuvent faire de l’argent avec leur produit, car, en plus d’être organique, biologique et naturel, un kilo de lombric coûte 5 000 gourdes, cette quantité est doublée chaque mois si l’élevage est bien entretenu », a poursuivi l’agronome Jean Véa.

Coordonnatrice de terrain à la GIZ, Egido Sanz a fait savoir aux participants que les hommes peuvent faire de grandes choses quand ils prennent leur destin en main. Elle a expliqué à l’assistance un texte de l’écrivain  Jean Giono, « L’homme qui plantait des arbres », pour corroborer ce qu’elle a avancé. « Si chaque personne accepte de planter  au moins cinq arbres au cours d’une année, la dégradation de l’environnement sera stoppée définitivement dans le futur », a-t-elle soutenu, soulignant que la GIZ intervient dans  diverses composantes, entre autres, contribution à la protection et à la conservation des espaces naturels, la reforestation, l’appui à l’augmentation de l’agroforesterie, dans les communes de Thiotte, Fond-Verrettes et Anse-à-Pitre dans le cadre d’un projet binational.   

Participant aussi à la célébration de la Journée mondiale de l’environnement, le député de Thiotte, Vikerson Garnier, président de la commission Agriculture et Sécurité alimentaire et membre de la commission Environnement à la Chambre basse, a attiré l’attention des gens sur les conséquences de la dégradation de l’environnement. « Si vous aviez des difficultés à trouver de l’eau autrefois, c’est à cause de votre façon d’agir sur l’environnement. Protégeons notre environnement », a conseillé le parlementaire, regrettant le fait que le ministère de l’Environnement ne dispose pas jusqu’à présent d’un cadre légal. Il a annoncé qu’il va proposer une loi pouvant servir de cadre légal à ce ministère dont le nom sera modifié en ministère de l’Environnement et des Changements climatiques.

Le maire élu de la commune de Thiotte, Maxo Jean Pierre, était aussi présent à cette activité dont il avait lui-même la chance de lancer. Le projet Protection intégrée et valorisation durable des écosystèmes dans les communes de Grand-Gosier, Thiotte et Anse-à-Pitre se donne pour mission de célébrer la Journée de l’environnement et les autres dates ayant rapport à l’environnement dont la semaine de l‘arbre et la journée de la désertification. L’organisation américaine CARE, qui a aussi un programme de protection de l’environnement, avait participé à cette célébration avec son manager de terrain, l’agronome Anilus.                      

Programme Binational

Programme de coopération binationale des gouvernements de la République dominicaine et Haïti est une initiative des délégations de l'Union européenne dans les deux pays à travers les ordinateurs de fonds européens pour le développement.

Cette initiative vise à améliorer la compréhension des citoyens d'Haïti et la République dominicaine sur les relations entre les deux pays, la réalisation et la diffusion d'initiatives avec une approche binationale.